3/4/2025
Plateforme intergouvernementale qui concentre les principales puissances de la communauté internationale, le forum du G20 assure également la coordination des politiques de ces membres sur les plans financiers et économiques. Faisant suite à la succession de crises financières des années 1990 et l’interdépendance grandissante des forces économiques contemporaines, le Groupe des Vingt voit ainsi le jour en 1999. En 2022, les membres de ce consortium représentaient près de 80 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial et le même niveau des émissions de gaz à effet de serre, 75 % du commerce international et environ deux tiers de l’humanité1.
À l’inverse de la majeure partie des organisations internationales dotées d’un secrétariat permanent, le G20 se structure autour d’un modèle de présidence tournante annuelle, assurée par l’un de ses membres : lui-même en charge du pilotage des travaux et dialogues du forum. Son architecture repose sur deux grands axes de coopération : le volet financier, au sein duquel les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales traitent des questions macroéconomiques, budgétaires et monétaires ; et le volet dit Sherpa réunissant une importante diversité d’acteurs ministériels au gré des domaines ou secteurs d’activités dûment identifiés et soutenus par la présidence.
Les décisions du Groupe des Vingt ne sont pas contraignantes puisque le forum ne repose sur aucune base juridique. Toutefois, les règlements issus de la déclaration finale du groupement influencent le projet de coopération économique mondiale. En effet, le principe de « commun accord » figure au cœur du modèle de fonctionnement du G20. Les conclusions annuelles des dirigeants sont adoptées, de facto, par consensus à l’issue de la série de réunions de travail conduites sous le dynamisme du pays hôte durant sa mandature.
Dans ce cadre, la présidence de la République d’Afrique du Sud représente une opportunité stratégique quant à l’inscription des priorités du continent africain au sein de l’agenda international. Un enjeu de taille lorsqu’on considère les perspectives de développement socio-économique d’un continent dont le nombre de ressortissants devrait représenter près de 40 % de la population mondiale d’ici 2100, selon le dernier rapport du département onusien des affaires économiques et sociales2.
Pour ce faire, nous examinerons d’abord la temporalité géopolitique de la présidence sud-africaine. Nous nous attacherons dans un deuxième temps à l’emprise du G20 au sein du système de gouvernance économique mondiale. Enfin, nous concentrerons notre analyse sur la posture discursive adoptée par les autorités sud-africaines dans le cadre de cette présidence, selon le cadre conceptuel du chercheur en sciences politiques Patrick Hassenteufel. Cette troisième partie s’articule autour des discours donnés par la République d’Afrique du Sud entre le 16 novembre 2024 et le 21 janvier 2025.
Cet écrit ne propose pas de juger de l’effectivité de l’africanisation de l’agenda politique international, mais plutôt les motivations et méthodes sud-africaines visant à introduire et garantir l’inscription des enjeux de ce continent à l’ordre du jour du premier forum économique mondial.
La mandature sud-africaine à la tête du G20 s’inscrit dans une temporalité singulière. En effet, c’est à la suite des présidences indonésienne en 2022, indienne courant 2023 et brésilienne l’an passé que Prétoria prend les rênes du forum jusqu'à novembre prochain avant de passer le relais à Washington. Un moment charnière qui verra succéder les États-Unis d’Amérique, du très clivant Donald Trump, aux quatre États membres influents du groupe des « BRICS + ». Au regard de leurs intérêts divergents, le mandat sud-africain devrait donc caractériser les derniers efforts favorables au sud global avant le retour d’une Amérique à l’ambition plus que jamais hégémonique. D’ailleurs, depuis leur arrivée à la tête du Sommet en 2022, les résultats des supervisions indonésienne, indienne, et brésilienne se sont avérés très discrets. Leurs administrations respectives ont surtout conduit aux développement d’initiatives spécialisées telles que : le Partenariat pour une transition énergétique (JETP) mis en place lors de la présidence indonésienne ; l’Alliance mondiale pour les biocarburants sous l’impulsion de New Delhi ; ou encore l’Alliance Globale contre la faim et la pauvreté initiée par le Brésil en 2024. Les avancées relatives aux ambitions de réforme structurelle du système de gouvernance mondiale sont moindres. En effet, bien que la récente adhésion de l’Union Africaine en qualité de membre permanent du G20 soit louable, tout donne à croire que la stratégie politique « des petits pas » ait été adoptée en ce qui concerne les ajustements de fond chers aux BRICS +. C’est d’ailleurs ce qu’illustre les conclusions du Sommet 2024 de Rio de Janeiro, au cours duquel les instances dirigeantes ont convenu d’un engagement en faveur d’une réforme du Conseil de Sécurité des Nations Unies « qui améliore la représentation »3. Un accord dont les modalités exactes restent encore à établir.
L’enjeu est donc de taille pour la République d’Afrique du Sud : ultime responsable du forum économique du G20 avant, nous l’avons déjà évoqué, la prise de fonction américaine courant 2026. En effet, depuis son investiture au mois de janvier dernier, le nouveau locataire de la Maison Blanche a adopté une posture oscillant entre perspective impérialiste et aspiration protectionniste. En moins de huit semaines, Donald Trump a confirmé ses menaces électoralistes, n’hésitant pas à mépriser les valeurs et principes juridiques fondamentaux du système de coopération internationale. Une attitude hostile à la notion de « solidarité internationale », récemment confirmée par le gel des financements alloués par l’Agence américaine pour le développement international (USAID), dont l’Afrique, pour ne citer qu’elle, est fortement tributaire. Malgré la défiance états-unienne qui s’est soldée par l’absence du Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, lors du premier rendez-vous du G20 ayant réuni les ministres des affaires étrangères les 20 et 21 février dernier à Johannesburg ; la nation arc-en-ciel semble se refuser au présage Trumpiste, pourtant attendu à la tête du forum à l’horizon de l’année 2026. Depuis la fin du système d’apartheid, l’Afrique du Sud attache, de fait, beaucoup de prix aux valeurs humanistes. C’est d’ailleurs ce dont témoigne l’ « Ubuntu » : élément de langage et concept philosophique africain prôné par Pretoria dans le cadre de sa présidence4. Face à un contexte géopolitique, tout aussi clivant que multipolaire, la République d’Afrique du Sud se présente donc dans une position normative qu’elle n’a cessé d’assumer ces dernières décennies par son leadership politique. En effet, la diplomatie sud-africaine a su marquer de son empreinte les dossiers internationaux majeurs : en matière de justice internationale, comme l’illustre son dépôt de plainte à l’encontre d’Israël devant la Cour Internationale de Justice en décembre 2023 ; sur le plan de la médiation et de la résolution des conflits armés en Afrique, notamment en République démocratique du Congo, dans la région du Tigré en Éthiopie ou plus récemment encore au Soudan en janvier 2024. Elle s’attache également à défendre les droits humains, à travers le développement d’un plaidoyer promouvant la justice environnementale et le financement de l’adaptation au changement climatique en l’Afrique. Un cheminement qui semble d’autant plus renforcé par les dynamiques de l’environnement international actuel dont Prétoria ne s’avère pas prête de s’écarter.
La dimension charnière de sa mandature, conjuguée à la conflictualité géopolitique récente, nous invite à nous demander en quoi la plateforme du G20 constitue-t-elle une opportunité d’affirmation du projet sud-africain sur la scène internationale ?
Plateforme de rencontre informelle qui vise à organiser le dialogue international en matière de coopération économique, le G20 n’est autre que le fruit de l’évolution conjoncturelle mondiale. En effet, c’est d’abord sous la forme d’un forum restreint – le G7 – que les sommets mondiaux de coopération, alors organisés autour des puissances traditionnelles occidentales, voient le jour après la période des « trentes glorieuses ». Rapidement, l’émergence de nouvelles forces économiques accroît le caractère obsolète de cette première formule et accélère la nécessité d’une concertation élargie. Innovation bienvenue pour certains ou avancée modeste pour d’autres, le Groupe des Vingt incarne désormais la recherche d’un équilibre entre efficacité, liée à la taille du groupe de travail, et représentativité légitime, dans un contexte international de restructuration économique. Aux antipodes du multilatéralisme onusien fondé sur une base juridique résolument orientée en faveur du principe d’égalité entre tous les États, les sommets économiques mondiaux du G20 conservent la doctrine libérale du G7 tout en prolongeant la logique de groupe hégémonique5.
L’innovation première du Groupe des Vingt réside ainsi dans l’implication des principales puissances émergentes au sein du processus décisionnel économique et financier, sans pour autant en avoir modifié la logique systémique.
Le forum créé en 1999 constitue donc une enceinte depuis laquelle les puissances émergentes font valoir leur vision du monde en matière de coopération. D’ailleurs, ces nouvelles forces se sont rapidement coalisées « pour défendre leurs revendications communes » depuis ce lieu de gouvernance économique6. Ainsi, le sommet annuel des BRICS + permet à ses membres de préparer leurs positions en prévision du G20. L’ambition s’avère assez claire pour les représentants du sud global qui ont réaffirmé en 2021, avec la Déclaration de New Dehli, leur « volonté […] de se servir de la plateforme du G20 comme lieu de coordination des politiques économiques entre pays développés et pays en développement »7. Des ambitions qui résultent aussi du Consensus de Séoul sur le développement, une autre avancée adoptée par les dirigeants du G20 en 2010, qui « comprend essentiellement six principes : priorité à la croissance, développement de partenariat, attention aux problèmes systémiques, participation du secteur privé, mutualité et encouragement aux résultats »8. Bien que cette insertion au cœur du système de gouvernance économique ait été favorable à la légitimation de leur statut de puissance régionale, la force de négociation des BRICS + au sein du forum reste relative en raison du principe de consensus. En effet, si leurs ambitions émancipatrices des institutions héritées de la conférence de Bretton Woods les ont conduits aux développement d’alternatives telles que la Nouvelle Banque de développement, localisée à Shangaï, ou le Fonds de réserve Contengency Reserve Arragement, les BRICS + n’ont pas non plus « réussi à changer la nature du système international »9. Des initiatives dont la logique incarne surtout des évolutions incrémentales plutôt que radicales.
Bien que limité, les forces motrices du sud global ont donc connu un regain d’influence à la suite de leur intégration aux enceintes de coordination économique et financière mondiale telles que le G20. De cette manière, la République d’Afrique du Sud semble bien décidée à user de sa position à la tête du forum pour assurer la promotion des intérêts du continent Africain. Une entité géographique qui, depuis la création du G20, ne fut l’objet que d’une seule initiative propre : le Compact with Africa (CWA), initiée lors de la présidence allemande en 201710.
Depuis le passage de témoin entre le président brésilien et son homologue sud-africain en novembre dernier, Pretoria développe une posture discursive précisément dirigée vers les intérêts africains, tout en reprenant les aspirations des BRICS + favorables aux pays en développement. À ce titre, les autorités sud-africaines se sont targuées : « d’inscrire plus fermement les besoins de l’Afrique et du reste du Sud dans l’agenda international du développement »11.
Le thème du G20 pour l’année 2025 s’articule autour du triptyque suivant : « solidarité, égalité et durabilité ». Telle est effectivement la devise présentée et défendue par Cyril Ramaphosa, lors du lancement de la présidence sud-africaine depuis la ville du Cap en décembre dernier, qui prétend ainsi à la poursuite de trois objectifs distincts : « créer un avenir inclusif qui favorise les intérêts des personnes les plus exposées » ; « assurer un traitement équitable et des chances égales à tous les individus et à toutes les nations » ; et enfin, « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs »12. Prétoria a également précisé, par la même occasion, le détail des groupes de travail du volet Sherpa, dont le premier « porte sur la croissance économique inclusive, l’industrialisation, l’emploi et la réduction des inégalités ». Le second groupe traiterait de « la sécurité alimentaire ». Le dernier groupe de travail « porte sur l’intelligence artificielle, la gouvernance des données et l’innovation pour le développement durable »13. Un cadrage thématique qui semble correspondre aux conditions préalables à l’émancipation du sud global et de l’Afrique en particulier ; et dont les ambitions empruntent les principes et thématiques d’actions prioritaires ancrés dans l’idéal-type de développement des Nations unies. Au cours de cette même conférence de lancement, Cyril Ramaphosa a finalement invité les dirigeants du Sommet à adopter « une déclaration reflétant les points de vue collectifs des pays du G20 et les actions communes qu’ils prendront pour relever les défis les plus importants auxquels le monde est confronté aujourd’hui »14. C’est donc à partir de ce prisme discursif – tout aussi favorable à l’Afrique que orienté vers le sud global – que la magistrature suprême sud-africaine a procédé au cadrage du travail du Groupe des Vingt pour l’année 2025.
Depuis plusieurs mois désormais, le défi auquel s’attache la république sud-africaine semble ainsi consister au développement d’un paradigme au sein duquel les parties prenantes du G20 s’adonneront à la formulation d’un ensemble de propositions bénéficiant aux enjeux contemporains du continent africain. En d’autres termes, il s’agit pour Prétoria de faire des enjeux de développement socio-économique de l’Afrique un problème public engageant l’intégralité des forces du forum. En effet, avant toute prise de décision d’ordre public les autorités politiques ou administratives procèdent à un traitement, à une sélection d’affaires à régler par leur inscription à l’ordre du jour. Selon le professeur en sciences politiques, Patrick Hassenteufel, cette mise sur agenda procède du principe de « publicisation » ou « mise en visibilité » d’un problème d’ordre public sous-tendu par trois dynamiques. La première étant celle de la « mobilisation », soit : « le soutien de l’opinion publique […] recherché afin de faire pression […] et de légitimer des revendications ». La seconde dynamique sous-jacente à la mise en visibilité du problème public se rapporterait à son degré de « médiatisation ». Enfin, la troisième dynamique concernerait le niveau de « politisation » dudit problème, soit : la capacité de ralliement émanant de l’objet à traiter15. C’est d’ailleurs selon cette même perspective que les chercheurs Stephen Hilgartner et Charles Bosk convenait, en 1988, que la mise sur l’agenda d’un problème public relèverait également de trois principes favorisant sa sélection : « le degré d’intensité dramatique », le caractère de « nouveauté », et « l’adéquation aux valeurs culturelles dominantes » du problème public en puissance16.
Or, une logique persistante s’avère résulter des discours tenus par les autorités diplomatiques sud-africaines dans le cadre de leur présidence du G20. En effet, c’est d’abord à partir d’une vision précisément articulée autour des réalités africaines et des pays émergents que Pretoria a formulé une série de dossiers à résoudre. Ainsi, le 21 janvier dernier le Président Cyril Ramaphosa présentait les principales priorités du G20 que sont : « la viabilité de la dette des pays à faible revenu » ; « l’augmentation de la qualité et de la quantité des flux financiers liés au climat vers les économies en développement » ; « le renforcement de la résilience aux catastrophes » ; ou encore « l’industrialisation et les investissements verts pour garantir des progrès vers un grand compromis qui favorise la création de valeur ajoutée aux minerais critiques à proximité de la source d’extraction »17. Ce après quoi, le chef d’État n’a pas non plus manqué de clore son propos par un argumentaire afro-centré statuant que : « l’Afrique est la prochaine étape de la croissance et de la productivité mondiale » ; « le soutien du G20 pour le fond d’ajustement de la ZLECAf (zone de libre-échange continentale africaine) […] renforcera la croissance inclusive, la durabilité et l’intégration régionale » ; autre formulation, qu’il serait souhaitable : « d’investir dans le développement des compétences des jeunes africains et dans l’autonomisation économiques des femmes » […] et « la numérisation du continent »18.
Hormis ces appréciations, on peut également souligner le développement d’autres ressorts discursifs mobilisés par les autorités sud-africaines au cours de ce processus de publicisation. En effet, le ministre des Relations internationales et de la coopération, Ronald Lamola expliquait, à l’issue de la mandature brésilienne, que « les objectifs de développement durable demeurent la référence la plus pertinente pour les priorités de développement des pays et doivent rester au cœur des travaux du G20 »19. Des objectifs conjointement agréés par la communauté internationale et mobilisés comme schéma directeur commun aux 193 États de l’organisation des Nations unies, favorisant l’inscription des enjeux africains comme un problème collectif.
Après ce qui s’apparente à la première phase du processus de publicisation défendue dans les années 1980 par les chercheurs William Felstiner, Richard Abel et Austin Sarat. On retrouve ainsi, dans le discours tenu par Prétoria, « l’imputation de responsabilité, c’est-à-dire la désignation des causes collectives du problème » auquel s’attacherait prochainement le consortium du G2020. De la sorte, le président Cyril Ramaphosa n’a pas hésité à expressément révéler sa vision de la réalité sociétale actuelle précisant, le 3 décembre dernier en conférence de presse, que : « les défis auxquels nous sommes confrontés sont communs, leurs causes et leurs conséquences sont inégalement réparties entre les pays» .
Les problématiques auxquelles nos sociétés seraient confrontées sont ainsi instituées comme propres à toute l’humanité en raison de la multiplicité de leurs effets et la pluralité des responsabilités qu’elles induisent21. Enfin, les autorités diplomatiques semblent avoir usé de leur stature en mobilisant à plusieurs reprises le concept de l’Ubuntu – valorisant un idéal humain commun vertueux – afin de “communiser” les intérêts de l’action à développer. C’est ainsi que Ronald Lamola rappelait, depuis Rio de Janeiro le 9 décembre dernier, que « le mandat initial du G20 » est « de promouvoir une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive et de construire des partenariats dans tous les secteurs de la société pour trouver des solutions collectives »22. Un message repris à la mi-janvier 2025 par Cyril Ramaphosa lors du forum de Davos depuis lequel, le président sud-africain appelait à « renforcer la solidarité par des efforts collectifs ». Une posture qui illustre tout aussi bien « l’expression d’une demande […] qui correspond au sens propre, à la publicisation du problème »23.
En somme, la posture discursive adoptée par l’Afrique du Sud dans le cadre de sa présidence du Groupe de Vingt semble ainsi poursuivre une logique de « mise en visibilité » des enjeux contemporains africains au-delà de la communauté du forum économique. Pour ce faire, les autorités sud-africaines ont notamment mobilisé des ressorts et des éléments de langage consensuels, en adéquations avec les valeurs modernes développées par la communauté internationale. Un positionnement qui permet à l’Afrique du Sud de mutualiser et focaliser les intérêts du premier sommet économique mondial autour des priorités du continent africain, elles-mêmes définies par Prétoria et ralliées à la communauté des pays en développement.
En définitive, la présidence du G20 par la République d’Afrique du Sud s’inscrit dans un contexte géopolitique marqué par des tensions accrues et une reconfiguration des rapports de force internationaux. À travers cette mandature, l'Afrique du Sud cherche à affirmer son rôle de porte-voix du Sud global et à inscrire durablement les priorités africaines au sein de l’agenda du principal forum économique mondial. Si l’impact concret de cette démarche reste tributaire des dynamiques de consensus inhérentes au G20, elle témoigne néanmoins d’une volonté stratégique de Pretoria d’exploiter cette plateforme comme un levier diplomatique. En mobilisant une rhétorique en phase avec les valeurs contemporaines de la communauté internationale et en s’appuyant sur les logiques de coordination du forum, l'Afrique du Sud ambitionne ainsi de repositionner le continent africain au cœur des discussions économiques mondiales. Cette approche, bien que mesurée, illustre la capacité des puissances émergentes à façonner, à travers le G20, les nouvelles trajectoires de la gouvernance économique globale.
1. Ministère de l'Europe et des affaires étrangères, La France et le G20. France Diplomatie, 2023.
2. Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, Division de la population, Perspectives de la population mondiale 2024 : résumé des résultats, s.l. : (UN DESA/POP/2024/TR/NO. 9, 2024.
3. Gouvernement du Canada, Déclaration des dirigeants du G20 à Rio de Janeiro. Site officiel du gouvernement du Canada, 29 11 2024.
4.. Alexandre, Kabera. Le concept d’Ubuntu et la guérison du paralytique en Mc 2, 1-12. Laval théologique et philosophique, Vol 79, N°2, 2023.
5. Nicolas Simiand, Le G20, une avancée dans la gouvernance de l’économie mondiale ? Recherches Internationales, Regards sur l'économie politique internationale, 2010, Vol. N°88.
6. Sophie, WINTGENS et Arnaud, ZACHARIE. Le rôle des pays émergents dans la gouvernance économique mondiale, Annuaire français des relations internationales, Université Panthéon-Assas, Centre Thucydide, 2016, Vol. XVII.
7. Ding, Yifan, Les ambitions des Brics, HERMÈS, Université des langues étrangères de Pékin, 2017, Vol. 79.
8. Ibid.
9. Sophie, WINTGENS et Arnaud, ZACHARIE., op.cit., 2016.
10. Direction générale du Trésor, G20 compact with africa, Paris : ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, 2017.
11. Présidence sud-africaine. Allocution du président Cyril Ramaphosa à l'occasion du lancement de la présidence sud-africaine du G20, GCIS Media Centre, Le Cap. G20 South Africa 2025, 3 Décembre 2024.
12. Ibid.
13. Ibid.
14. Ibid.
15. Patrick, Hassenteufel. Les processus de mise sur agenda : sélection et construction des problèmes publics, Informations sociales. 2010, N°157.
16. Ibid.
17. Présidence de la République d'Afrique du Sud, Discours spécial du président Cyril Ramaphosa au Forum économique mondial sur les priorités de l'Afrique du Sud au G20, G20 SOUTH AFRICA 2025, 21 Janvier 2025.
18. Ibid.
19. Présidence de la République d'Afrique du Sud, Discours du ministre des Relations internationales et de la Coopération, M. Ronald Lamola, prononcé lors du sommet social du G20 à Rio de Janeiro, G20 SOUTH AFRICA 2025, 16 Novembre 2024.
20. Patrick, Hassenteufel.,op.cit.,2010.
21. Patrick, Hassenteufel.,op.cit.,2010.
22. Présidence de la République d'Afrique du Sud, Discours du ministre des relations internationales et de la coopération, Ronald Lamola, lors de la première réunion des Sherpas du G20, G20 SOUTH AFRICA 2025, 9 Décembre 2024.
23. Patrick, Hassenteufel.,op.cit.,2010.